mercredi 18 novembre 2015

L'agroforesterie, une solution pour l'agriculture, qui induit de nombreux changements



Je vous ai déjà parlé de l'Agroforesterie dans mon article Découverte de l'Agroforesterie

Pour mémoire, l'agroforesterie est une méthode de culture associant des plantations d'arbres, des cultures et/ou des pâturages.

Aujourd'hui, je voudrais vous parler des changements qu'elle induit.

La mise en place de l’agroforesterie ne pourra se faire que petit à petit, car elle induit de nombreux changements.

En ce qui concerne les changements techniques, le système de production est modifié en profondeur. 

De nouvelles méthodes de culture sont mises en place, de nouveaux matériels doivent être pris en main. L’agroforestier doit apprendre la gestion des haies et des arbres, mais également connaître leurs actions sur son sol. Il doit également développer ses connaissances au niveau faunistique et floristique. 
L’agrosylviculture nécessite également des connaissances variées (agronomie et sylviculture).






Les changements écologiques sont les plus nombreux.

Le développement de l’agroforesterie permet de stocker une partie des gaz à effet de serre (carbone).
Même si la mise en place de haies ou de lignes d’arbres consomme plus de carburants, cela est compensé par la substitution du bois aux combustibles fossiles pour le chauffage et pour la production de matériaux à partir du bois.

La fertilité des sols est améliorée par la décomposition des feuilles et des racines annuelles des arbres.
L’enherbement de la ligne au pied des arbres et les linéaires de haies autour des parcelles réduisent les risques d’érosion.
La perte de nutriments est limitée par le développement du système racinaire des arbres en dessous de celui des cultures. Ces mêmes racines jouent le rôle de filtre pour l’eau.
Même si l’ajout d’arbres sur la parcelle apporte une concurrence hydrique aux cultures, cette concurrence est compensée par la diminution de l’évaporation due à cette même présence d’arbres ou de haies. Cela rafraîchit également l’atmosphère et atténue les risques dus à la canicule.

Les arbres et les haies favorisent la présence de nombreux auxiliaires des cultures et insectes pollinisateurs. Ces auxiliaires régulent la présence des bioagresseurs et les pollinisateurs améliorent la production.
La biodiversité, tant au niveau floral que faunistique, se développe grâce à la diversité et la complexité des niches et corridors écologiques.

La disparité des parcelles agroforestières et des milieux bocagers limite le transfert des maladies et des ravageurs d’une parcelle à l’autre.
La présence des arbres assainit l’air, car, utilisés comme brise-vent, ils servent d’obstacles et de capteurs aux gaz, poussières et autres molécules volatiles.

Au niveau écologique il ne faut pas oublier non plus que le développement d’arbres et de haies a un impact positif, puisqu’il modifie et embellit les paysages.





Le développement de l’agroforesterie induit aussi des changements socio-économiques.

Au départ, le coût de l’implantation est important et les investissements en temps et matériels ne sont pas non plus négligeables. Mais, la diversification économique (bois d’œuvre, bois de chauffage, brf, biomasse, cultures intercalaires, fruits, champignons, etc.) augmente la rentabilité globale.

Les arbres atténuent l’exposition des cultures et des animaux aux événements extrêmes, la productivité totale des parcelles est accrue.

Au niveau de la main-d’œuvre, l’augmentation de la charge de travail lors de la plantation et du temps passé à la surveillance des bioagresseurs sont compensés par la disparition du temps consacré aux traitements phytosanitaires, le peu d’intervention nécessaire par la suite et le fait que celles-ci ont lieu en période creuse.
Le coût du matériel et de la formation doit aussi être pris en compte.


De nouvelles filières pourront être créées pour valoriser les différentes productions résultant de la diversification, ce qui créera à terme quantité de nouveaux emplois.

Pour accompagner la filière agroforestière, des changements doivent également avoir lieu au niveau politique, que ce soit par la création d’aides à l’installation ou le soutien à son développement. Et, également par la modification de la réglementation (PAC) peu incitative. 

Au niveau local, un soutien des communes et des communautés de communes que ce soit au niveau financier ou en ce qui concerne le PLU (plan local d’urbanisme) sont également nécessaires.







Selon l’ADEME, « 40 % des sols cultivés en France et 30 % des prairies pourraient être conduits en agroforesterie ». Alors qu’attendons-nous ?

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