mercredi 17 décembre 2014

Entreprises plus vertes : greenwashing ou transition écologique ?



Comment savoir si une entreprise fait du Greenwashing ou si elle a une réelle volonté de réaliser une transition écologique ?

Pour répondre à cette question, je vous propose un extrait du livre de Sandrine Bélier et Gilles Luneau, La Biodiversité une chance : nous avons un plan B !

"Il faut sérier les terrains de négociation, différencier greenwashing et transition écologique. On peut rêver de construction en bois, en paille, en chanvre, en terre pour tout le monde, ce qui permettrait de ne plus toucher aux zones humides où l'on prélève les granulats. Comme on peut rêver d'interrompre en un claquement de doigts la production de ciment qui pèse pour environ 7 % dans les émissions de gaz à effet de serre. Mais il y a la demande de logements à construire, l'habitat à densifier, qui réclame des solutions industrielles pour pouvoir y répondre à temps, puis les contraintes climatiques selon les régions. Donc, si on peut déjà faire une transition vers du moins polluant, c'est toujours ça de pris. D'autant que la recherche sur le béton n'a pas dit son dernier mot et que l'on pourrait avoir bientôt des bétons moins impactants, préparés avec un mélange de matériaux de démolition et des fibres végétales.

Cet exemple de la Cemex illustre la place grandissante que prend la responsabilité sociale et environnementale (RSE) de l'entreprise depuis une dizaine d'années. Cependant, cette mise en avant d'une RSE indique qu'a minima les exigences de l'opinion publique en matière environnementale ont un impact sur les ventes et déclenchent une réaction soit de greenwashing, soit de réforme des pratiques. Dans le premier cas, la désinformation va porter sur le langage et sur le packaging des produits : on assiste alors à la multiplication de la palette des verts, des décors fleuris, à la prolifération des synonymes de "vie-santé-nature-bien-être" pour habiller un mensonge central. Par exemple, pour vendre un pesticide qui par définition, même ciblé, tue un ou des organismes vivants, on le rebaptise "protecteur de plantes" ou "phytosanitaire". La manipulation de l'ADN pour faire un OGM devient une "science de la vie". On pourrait multiplier les exemples de "novlangue". Dans le second cas, l'entreprise réforme ses pratiques. Cela la pousse à innover et nous avons tous besoin de ces innovations pour changer de mode de vie. Sinon, à quoi bon parler de transition de société ?


Je veux vous donner un truc facile pour détecter la volonté d'une entreprise d'enfumer le consommateur ou de réellement s'engager dans une transition écologique : regarder la place occupée dans l'organigramme par le directeur ou la directrice du développement durable ou de la RSE. Quand il ou elle est rattaché à la direction du marketing, c'est sûr, vous êtes en présence d'un habillage, d'une tromperie organisée. Si cette personne est rattachée directement au patron, à la direction générale, il y a de bonnes chances que cela traduise une volonté réelle de progrès."



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