lundi 1 décembre 2014

Agricultures familiales : un enjeu pour la sécurité alimentaire : une conférence de Marc Dufumier





J'ai eu la grande chance d'assister à la conférence que Marc Dufumier a donnée à Loos-en-Gohelle, le vendredi 28 novembre 2014, à l'invitation de l’association Loos N'Gouma.

Il est Professeur émérite à l'AgroParisTech, président de l'association pour la Fondation René Dumont, membre du comité scientifique de la Fondation Nicolas-Hulot, membre du conseil scientifique de L'Institut de Recherche pour le développement (IRD), président de la Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE) et administrateur du Centre d'Actions et de Réalisations Internationales

J'avais déjà eu l'occasion de suivre les interventions que Mr Dufumier avaient faites dans le cadre du Mooc Développement Durable que j'avais suivi. J'apprécie également ses ouvrages.

De ce fait, lorsque j'ai appris que cette conférence allait avoir lieu, il a tout de suite été évident pour moi qu'il fallait absolument que je saisisse cette chance de pouvoir l'écouter "en direct".

Et je dois dire que je n'ai pas été déçue ! Ses qualités de pédagogue, la justesse et la précision de ses propos, ainsi que son humour m'ont fait passer une excellente soirée. Il a détaillé les enjeux, défini le contexte et a apporté des solutions simples, claires et précises pour permettre de nourrir l'Humanité de manière saine, économique et écologique.

Il nous a bien fait comprendre que sans une volonté politique, ses solutions ne pourraient pas être mises en oeuvre, mais que pour qu'il y ait une volonté politique, il fallait que nos gouvernants, quels qu'ils soient, voient que la société civile se mobilise déjà et agit dans ce sens.

Voici quelques-une de mes notes, prises durant ces (trop courtes) 2 heures de conférence et de débat. Evidemment, ces quelques modestes notes ne rendent pas justice à ses propos très riches et denses. Ce n'est qu'un très petit aperçu. Donc si vous avez l'occasion d'assister à une de ses conférences, ne la ratez pas !





Les enjeux :
  • nourrir la population mondiale qui ne cesse de croître
  • produire des matières premières diversifiées pour les industries
  • assurer un revenu décent aux agriculteurs
et tout cela sans dommage pour notre cadre de vie, ni pour les potentialités productives de notre environnement (développement durable).


Le contexte : 
  • mondialisation croissante des échanges
  • réchauffement climatique global (danger du protoxyde d'azote du à l'épandage des engrais de synthèse)
  • extension des villes sur les meilleures terres agricoles
  • raréfaction des ressources naturelles non renouvelables (énergies fossiles, phosphates, etc.) et l'accroissement de leur coût
  • les mouvements migratoires sont de plus en plus massifs : exode rurale, fronts pionniers, migrations internationales
La pauvreté est la cause de la faim et de la malnutrition

Il n'y a pas d'insuffisance de production alimentaire à l'échelle mondiale (besoin de 200 kg/personne/an de céréales ou d'équivalent, la production est de 330 kg.)
Mais il y a une insuffisance de moyens ou de revenus pour produire ou acheter de quoi manger.

Les 3/4 des pauvres mal nourris sont des ruraux du Sud, dont la productivité du travail est trop faible. Insuffisance de compétitivité de très nombreux agriculteurs du sud.

En France, le budget alimentaire représente 14 % des revenus, il était de 30 % avant la Seconde Guerre Mondiale.


L'Agro-écologie :
  • faire le plus grand usage possible de l'énergie solaire et du carbone de l'air : que pas un rayon du soleil ne tombe à terre
  • pratiquer les associations culturales et les couvertures végétales permanentes
  • ré-associer agriculture et élevage (pour mettre les animaux sur la paille pour faire du fumier pour donner de l'humus)
  • gestion de l'eau fluviale dans les sols et les sous-sols plutôt qu'en surface
  • favoriser la fixation biologique de l'azote et de l'air : des légumineuses dans nos rotations et nos assolements
  • chercher les éléments minéraux en profondeur et les restituer à la surface
  • favoriser les champignons mycorhiziens
  • favoriser les insectes auxiliaires des cultures

Les alternatives techniques ne manquent pas :
  • des unités de productions paysannes diversifiées et artisanales
  • de tailles moyennes (réformes agraires)
  • avec des revenus suffisants pour subvenir aux besoins des familles, épargner et investir
  • assurer la protection des marchés intérieurs (droits de douane pour les pays du Sud)
  • sécuriser l’accès des ressources naturelles (terre, eau, etc.)
  • favoriser la gestion concertée des territoires et des biens communs
  • assurer l'accès à des crédits diversifiés.


Pour aller plus loin...

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