Les canons à neige : un désastre pour l'écologie



(image Microsoft Office Clipart)

Bientôt les sports d’hiver. Les stations de ski commencent à ouvrir, du moins celles où il y a de la neige. Depuis quelques années, les canons à neige permettent de palier l’absence de neige. Du point de vue économique, ils sont indispensables pour que les stations survivent. Mais, écologiquement, qu’en est-il ? N’existe-t-il pas d’autres moyens pour que les stations survivent malgré le manque de neige ?


Dès qu’approche la date d’ouverture des stations de sport d’hiver, les directeurs et travailleurs de ces stations scrutent le ciel pour voir la neige tomber. Mais, cette dernière tombe de moins en moins.

Des canons à neige pour pallier le manque de neige

Tous les ans, c’est la même chose, les directeurs de station râlent parce que la neige n’est pas au rendez-vous. C’est le cas surtout pour les stations de basse montagne. Pour celles de haute montagne, la neige est généralement présente.

C’est vrai, quand on écoute les Anciens habitants la Montagne, ils disent tous qu’avant, les massifs étaient recouverts d’une épaisse couche de neige, à partir de la fin de l’automne jusqu’au début du printemps.

Le réchauffement climatique semble être passé par là. Toutefois, selon les prévisions des climatologues, les hivers devraient, dans l’avenir, être plus froids et plus enneigés, ce qui devrait réjouir les directeurs de stations.

Toutefois, l’enneigement n’est pas une science exacte et est très aléatoire, d’une année sur l’autre. Pour remédier à cette pénurie de neige, ont été inventés les canons à neige. Comme leur nom l’indique, ils servent à fabriquer de la neige artificielle.

Comment fonctionne les canons à neige ?

Pour schématiser, pour que la neige artificielle se forme, il faut de l’eau et de l’air.

Si vous projetez uniquement de l’eau avec un canon, les gouttelettes d’eau sont trop grosses pour geler instantanément. Pour commencer, vous devez former de minuscules gouttelettes en mélangeant, sous pression, très peu d’eau et de l’air. A la sortie du canon, ces gouttelettes, comme elles sont minuscules, gèleront. Au final, à la sortie du canon, vont se mélanger l’eau et ces minuscules gouttelettes congelées et, par évaporation, les grosses gouttes d’eau vont geler à leur tour.

C’est un processus ingénieux qui permet aux stations (surtout les plus grosses et les plus riches) de survivre, en attendant que tombe la vraie neige.

La neige artificielle n’est pas d’excellente qualité mais elle permet aux touristes de s’amuser un peu. Les canons à neige ont un impact économique indéniable. Sans eux, beaucoup de stations auraient fermé depuis longtemps et de nombreux saisonniers se seraient retrouvés au chômage.
Mais, sous prétexte que les canons à neige sont nécessaires pour maintenir les sports d’hiver et les emplois qui suivent, doit-on mettre de côté les énormes problèmes écologiques qu’ils posent ?

L’impact écologique désastreux des canons à neige

Comme vous l’avez deviné en lisant la description du canon à neige, il nécessite l’utilisation de beaucoup d’eau. Cette dernière est puisée dans les retenues collinaires, des sortes de barrage où est stockée de l’eau de pluie et des ruisseaux.

Cela signifie donc que ces retenues collinaires pompent l’eau des cours d’eau. Et, comme les canons à neige sont de plus en plus nombreux, le pompage est de plus en plus important.

A une époque où la sécheresse est dénoncée partout en France, il paraît aberrant d’autoriser les stations de ski de puiser une eau si précieuse, pour faire fonctionner leurs canons à neige.

La situation est d’autant plus alarmante que l’Etat, via les Préfectures, semble se désengager du problème. Aucune norme, aucun contrôle stricts ne semblent être prévus pour le moment. L’Etat ferme les yeux, tellement les enjeux économique et touristique sont importants.


Dans un article d’Europe-Ecologie-Les Verts du 22 février2011, on apprend qu'il faut l’équivalent du contenu de 2 piscines olympiques, soit 4000 m3 d’eau, pour enneiger artificiellement 1 hectare !

Non seulement, les réserves en eau s’amenuisent mais, en plus, ces réserves collinaires ont un impact sur la faune et la flore des montagnes. L’eau, dans ces bassins de rétention, croupie, se pollue et se déverse partout dans la terre. Les ruisseaux et les lacs, en aval, ne reçoivent plus l’eau des ruisseaux et voient leur volume diminué dangereusement d’année en année.

La situation est déjà préoccupante et elle risque de s’aggraver puisqu’est prévu d’agrandir encore et encore les capacités de stockages des retenues collinaires, pour suivre la multiplication des canons à neige dans les stations.

L’avenir semble bien sombre, à moins que les stations arrêtent de s’équiper en canons à neige et recherchent des solutions pour faire venir quand même les touristes à la Montagne.

Les solutions alternatives aux canons à neige

Pour pallier le manque de neige, certaines stations ont décidé de se diversifier et de proposer des alternatives au ski, en misant sur la randonnée, l’escalade, le vtt, la découverte de la faune et de la flore, la culture ou la gastronomie.

Certaines stations ont bien compris la montée en puissance de « wellness », du bien-être en France. Elles ont donc développé des centres nautiques, des spas, des centres de massage…, qui attirent les touristes, souvent fortunés.

Espérons que d’autres stations emboîteront le pas à ces stations d’un genre nouveau qui ne misent plus tout sur le ski. Cela permettra de diminuer le nombre des canons à neige et d’arrêter le pillage des ressources en eau, déjà à un niveau alarmant !

Co-auteurs : Brunet Isabelle et Gawelik Katy

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